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actualité afrique Pressions internationales sur le Zimbabwe où règne un climat de violence
ZIMBABWE - 29 avril 2008 - AFP

Un mois jour pour jour après le scrutin présidentiel du 29 mars dont l'issue reste incertaine, le Conseil de sécurité de l'ONU se penchait mardi sur la situation au Zimbabwe, accentuant encore la pression internationale sur un pays où règne un climat de violence.

Alors que le régime du président Robert Mugabe, au pouvoir depuis près de trois décennies, accusait l'opposition d'attiser les tensions, six experts de l'ONU ont dénoncé des agressions "organisées et coordonnées" et le recours à la torture contre les opposants.

Dans un communiqué conjoint, ces spécialistes des droits de l'Homme affirment disposer d'informations fiables sur des "actes d'intimidation, de violence et de torture" contre des personnes soutenant l'opposition.

A Washington, le président américain George W. Bush a affirmé que "la violence et l'intimidation" étaient "tout simplement inacceptables" et souligné que la volonté "de changement" des Zimbabwéens devait être "respectée".

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon de son côté exprimé sa vive "inquiétude" quant à la situation dans le pays. "En raison de l'augmentation de la violence et du nombre de personnes déplacées quittant leurs maisons pour d'autres lieux, il y a une crise humanitaire grave", a-t-il déclaré à Genève.

A Harare, la Commission électorale du Zimbabwe a indiqué qu'elle entendait réunir jeudi les candidats à la présidentielle ou leurs représentants afin d'obtenir un consensus sur les résultats du scrutin.

Son président, George Chiweshe, est cependant resté évasif sur la date à laquelle les résultats pourraient être enfin annoncés.

Morgan Tsvangirai, chef de l'opposition, a déjà revendiqué la victoire avec plus de 50% des suffrages, en se basant sur les résultats affichés sur chaque bureau de vote. Le parti de Robert Mugabe assure qu'un second tour est nécessaire.

Cette incertitude alimente un climat de violence qui vise, selon Zimrights, la principale organisation de défense des droits de l'Homme du pays, à intimider les électeurs.

"S'il y a un second tour, ce qui nous inquiète, c'est qu'un grand nombre de déplacés ne pourront pas rentrer chez eux pour voter", a déclaré mardi son président, Kucaca Phulu.

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) affirme qu'au moins 15 personnes ont été tuées et des centaines blessées dans le cadre de cette campagne d'intimidation.

Le gouvernement, qui a toujours démenti ces accusations, a accusé à son tour l'opposition d'être à l'origine du climat de tension dans le pays.

"Il y a une avalanche de déclarations irresponsables (...) par des personnes et des organisations qui veulent nuire" au Zimbabwe, a indiqué George Charamba, porte-parole de Mugabe. Leur objectif "est d'attiser les tensions pour provoquer des crimes à caractère politique à travers le pays", a-t-il ajouté.

Dans ce cadre, la police anti-émeute avait effectué vendredi un raid sur le siège du MDC officiellement à la recherche d'auteurs d'incendies criminels, et avait arrêté toutes les personnes qui s'y trouvaient. Mardi, les 185 personnes toujours en détention ont été remises en liberté.

Le secrétaire général du MDC, Tendai Biti, a estimé mardi à New York que le Conseil de sécurité de l'ONU devrait adopter "une résolution forte concernant les questions humanitaires et politiques" au Zimbabwe.

"Il doit y avoir un appel à Mugabe pour qu'il parte. Il est illégitime. Il a perdu cette élection" le 29 mars, a déclaré M. Biti à l'AFP.

Quelques heures avant la réunion à huis-clos du Conseil de sécurité à New York, le régime zimbabwéen a envoyé des messages contradictoires.

Dans un entretien à la BBC, l'ambassadeur du Zimbabwe auprès des Nations unies, Boniface Chidyausiku, a jugé que le vainqueur de la présidentielle, quel qu'il soit, devrait "former un gouvernement d'unité nationale". Le gouvernemnt a exclu cette option peu après, Bright Matonga, son porte-parole déclarant à l'AFP que Morgan Tsvangirai ne pouvait participer à un tel gouvernemnt "parce que c'est un vendu".

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